Issu d'un article paru dans Taiwan INFO :

Dans le sud de Taiwan, non loin de la gare de Chiayi, se trouve le Musée des carreaux de céramique traditionnelle de Taiwan. Créé en 2015 par James Hsu [徐嘉彬], le lieu est un ancien atelier de charpentier sur deux étages datant de l’époque de la colonisation japonaise (1895-1945). Il présente quelque 1 500 carreaux de céramique restaurés qui avaient été précédemment recouvrés sur les sites d’anciennes propriétés à travers le pays.
 
Selon l’historien Kang Nuo-xi [康锘錫], Taiwan n’a pas de tradition de fabrication des céramiques décoratives. Tous les objets exposés dans le musée ont été produits au Japon entre 1915 et 1935, à l’exception de quelques pièces plus anciennes qui furent importées d’Angleterre. Seuls les hauts fonctionnaires, les riches familles et les temples de grande envergure pouvaient s’offrir ces coûteuses marchandises d’importations, qui étaient principalement utilisées pour des décorations extérieures ou des incrustations de mobilier. Les carreaux de céramique disparurent au milieu des années 1930 quand le Japon commença à concentrer sa production industrielle sur l’effort de guerre.
 
Au cours des deux dernières décennies, James Hsu et un groupe d’une vingtaine de passionnés ont collecté et restauré les anciens carreaux de céramique. Leur faire retrouver leur éclat d’antan est un processus lent et fastidieux. Il faut dans un premier temps retirer les morceaux de brique et de ciment qui y sont encore attachés. Ensuite la céramique doit être trempée dans une solution pendant une durée pouvant aller jusqu’à 3 mois afin d’en éliminer les restes de poussière et de moisissure. Une fois le nettoyage terminé, les altruistes restaurateurs rendent les carreaux de céramique à leurs propriétaires ou leur proposent de les acheter pour les exposer dans le musée.
 
En 2017, James Hsu a récolté 5 millions de dollars taiwanais (161 300 dollars américains) grâce à une plateforme de financement participatif afin de produire des nouveaux carreaux de céramique décorative. Le musée a créé, en collaboration avec des artistes locaux, une dizaine de motifs qui ont ensuite été imprimés sur des dessous-de-verre, des boutons de manchette ou encore des aimants. L’an dernier, la collection des dessous-de-verre imprimés a même été sélectionnée par le ministère des Affaires étrangères pour devenir l’un des cadeaux offerts aux dignitaires étrangers en visite.
 
En plus de documenter un aspect très précis de l’histoire architecturale locale, James Hsu et ses collaborateurs y ajoutent un nouveau chapitre en façonnant les premiers carreaux de céramiques entièrement taiwanais.

Voir photos ici : https://taiwaninfo.nat.gov.tw/news.php?post=181852&unit=54&utm_source=Taiwan%20Aujourd%27hui%204&utm_medium=email&utm_content=Eco/social%20textlink